En réalité, l’Europe avait perdue ou plutôt n’avez pas encore trouvé l’art de la distillation. Nous étions dans une phase d’invasions barbares. Les premières traces de distillation se retrouvent dès 3000 avant JC en Egypte. Le terme alcool provient d’ailleurs de l’arabe « al khôl ». Il faudra attendre de nombreuses années pour qu’un moine nommé Saint Patrick de retour de ses nombreux voyages lointains vienne s’installer en Irlande en 432, pays de refuge pour les chrétiens en ces temps tumultueux, et amène avec lui les techniques de distillation. Nous ne savons pas exactement ce qu’ils distillaient, mais le breuvage était nommé « uisge beatha », ce qui signifie eau-de-vie en gaélique. Cette boisson était essentiellement consommée par les moines, on suppose que celle-ci avait des bienfaits médicinaux.
Il faudra attendre le XVème siècle pour savoir que cette eau-de-vie était faite à base d’orge et autres céréales, on y ajoutait également du miel et des épices. Ce qui n’en fait qu’un lointain cousin de notre whisky actuel. Cependant, le « uisge beatha » était alors très utilisé contre beaucoup de maux, entre autre comme antibiotique, pour éviter les poisons ou favoriser la digestion.
En 1170, l’armée du roi anglais Henry II, envahi l’Irlande. Ses soldats commencent rapidement à découvrir les bienfaits de cette boisson. Mais ils ne peuvent prononcer le nom « uisge beatha », ainsi au fil du temps le nom ce transforme dans une sorte d’évolution linguistique en passant par « uisce », « uiskie », « whiskie » et enfin whisky.
Cette histoire de la naissance du whisky est sûrement la plus vraisemblable, cependant aucune trace écrite ne donne l’Irlande comme la mère de ce produit magnifique. On retrouve les traces écrites de la première distillerie officielle en Irlande dès le début du XVIIème siècle (Old Bushmills distillery). On dit que celle-ci produisait du whisky à partir de 1276.
Ensuite, l’Irlande a vu son industrie du whisky se développer considérablement pour atteindre son apogée vers 1840, les leaders était John Jameson & Son et John Power & Son. En 1831, Aeneas Coffey un ancien inspecteur général des Douanes irlandaises découvrit le système de distillation en continu, nommé « patent still » ou « Coffey still ». Celui-ci ne fut pas retenu pour son utilisation en Irlande mais en Ecosse. Et la découverte des Blends écossais par Usher en 1853, en fut la suite logique, les alcools de grains utilisaient dans les blends sont distillés en continu dans les fameux Patent still. Cette découverte sonna malheureusement le glas de l’expansion des whiskies irlandais. Les whiskies (single malt) écossais assez robustes et difficiles à consommer pour des clients non avertis devinrent sous forme de blended scotch whisky les concurrents directs des whiskies irlandais beaucoup plus faciles à boire car moins typés.
De 160 distilleries à la deuxième moitié du XIXème siècle, l’Irlande ne comptait plus que 30 distilleries en 1900. Ensuite, la scission de l’Irlande en deux en 1919 déclencha la guerre civile et continua ce désastre industriel. Seul les USA étaient encore le marché d’exportation qui supportait les ventes du whisky irlandais (beaucoup d’irlandais avaient émigré aux USA), ce pays autorisant les importations irlandaises contrairement à l’Angleterre qui avait mis un embargo sur ces produits.
Malheureusement l’arrivée de la prohibition de 1920 à 1933 fut l’apogée de cette descente en enfer pour les producteurs irlandais. Seules quelques distilleries résistèrent et ne firent pas faillite. Les stocks étant tombés au plus bas, lorsque la prohibition s’arrêta et que le marché américain se réveilla, l’Irlande dût laisser sa place de leader sur ce marché aux écossais, qui eux avaient suffisamment de stock et pouvait subvenir à la demande.
En 1966, seulement 4 distilleries étaient encore active en Irlande, il s’agissait de: Cork Distilleries, Jameson, Power et Old Bushmills. Elles se regroupèrent pour former finalement le groupe Irish Distillers company. Depuis lors, leur activité ne cessa d’augmenter pour reconquérir les marchés en Europe et dans le reste du monde.
En 1988, cette société a été rachetée par le groupe français Pernod-Ricard après une OPA boursière manquée par les deux géants anglais de la distribution mondiale Allied-Lyons et Grand Metropolitan.
Depuis, la production de whiskies irlandaise ne cesse de reconquérir des parts de marché par rapport à son concurrent direct écossais. En 1989, une nouvelle distillerie indépendante s’est même installée à Dundalk, il s’agit de Cooley.
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